Maisons de transition de Montréal inc. est un organisme communautaire autonome. Pour elle, assumer ce statut, c'est endosser un certain nombre de réalités.  Ainsi, elle a non seulement été créée, mais elle est aussi administrée par des membres de la communauté qui ont à coeur de solutionner les problèmes de celle-ci. La mission de Maisons de transition de Montréal inc. se fond dans un projet de société où l'humain occupe une position centrale.  Elle oeuvre dans un esprit d'engagement, d'entraide et de responsabilité humaine, ce qui suppose une certaine gratuité dans les gestes qu'elle pose.  Son action s'appuie sur la conviction profonde que le changement social est relié à la force des dynamismes collectifs et à la capacité des personnes et des groupes de définir, améliorer et défendre leur mieux-être.  Elle privilégie donc la prise en charge responsable du problème de la délinquance  par les membres de la communauté, y compris ses membres contrevenants.

 

Maisons de transition de Montréal inc. fonde son action sur la participation responsable des citoyens.  Elle postule que cette participation constitue la pierre d'assise d'une vie collective pleinement assumée.  En ce sens, elle considère la prise en charge, l'entraide, le bénévolat et l'engagement social comme autant de moyens d'action possibles permettant aux citoyens d'améliorer leur qualité de vie.

 

Maisons de transition de Montréal inc. croit à l'importance de mettre en place un modèle d'intervention basé  sur la coresponsabilitées citoyens et des institutions sociales.  C'est pourquoi elle les convie à relever conjointement et solidairement le défi social que représente la délinquance.  Elle est convaincue que cette approche permettra, à terme, de réduire de façon significative la délinquance, en autant qu'elle soit assujettie aux principes fondamentaux de Justice.

 

Maisons de transition de Montréal inc. considère la délinquance comme étant un problème social important.  À  ses yeux, celle-ci constitue un indice significatif du niveau de développement sociocommunautaire d'une société.  Elle est consciente qu'une multitude de facteurs peuvent en être la cause : valeurs contradictoires, chômage, pauvreté, effritement du tissu social, effondrement personnel etc.  Elle en constate aussi les effets néfastes tant pour les personnes qui y sont confrontées directement (contrevenants, victimes et témoins) que pour les communautés et la société.

 

Maisons de transition de Montréal inc. aborde le phénomène de la délinquance selon une perspective humaniste.  Elle est portée par une attitude positive qui exprime de l’enchantement face au monde, attitude qui l’amène à approcher ce phénomène avec optimisme, sachant qu’on peut le faire reculer, à défaut de le faire disparaître.  En ce sens, elle tâche de trouver des solutions constructives, des solutions de type «gagnant/gagnant», pour toutes les parties concernées par cette problématique.  Par ailleurs, notre organisme a foi dans la capacité individuelle et collective des êtres humains de se prendre en charge de façon responsable, mais il demeure attentif aux possibles dérapages qui peuvent survenir en matière de délinquance.  Aussi, il garde toujours espoir qu’un changement désiré puisse survenir : selon lui, la vie recèle encore une part d’inattendu, même face aux pronostics les plus sombres.  Notre organisme a également confiance en ses capacités de susciter éventuellement une volonté de changement et dans ses moyens à accompagner ceux qui s’engagent à l’actualiser.  Son action repose sur le courage, la détermination et la persévérance.  Bref, Maisons de transition de Montréal inc. a une attitude positive et engagée face au défi social majeur que représente la délinquance.

 

Par ailleurs, Maisons de transition de Montréal inc. perçoit la personne contrevenante comme étant un membre de la communauté et un citoyen qui éprouve de la difficulté à assumer pleinement son autonomie et ses responsabilités.  Pour elle, cette personne n'est donc pas ce «possédé du Malin» ou ce «produit défectueux de la Machine sociale» comme on se plait à la décrire en certains milieux.  Parce qu’elle refuse de réduire cette personne au délit qu’elle a commis, elle insiste aussi pour l’identifier comme étant une personne contrevenante et non comme un contrevenant.  

 

Maisons de transition de Montréal inc. considère le délit comme étant un geste de nature conflictuelle qui met en opposition une personne contrevenante avec son environnement.  Il s'agit d'un geste illégal qui suscite un conflit, mais qui est aussi souvent révélateur de conflits qui peuvent exister chez la personne contrevenante et entre celle-ci, la communauté et la société.

 

Maisons de transition de Montréal inc. considère que la personne contrevenante est la première, mais non la seule responsable du délit qu'elle a commis : la communauté et la société ont aussi leur part de responsabilité à  assumer dans la genèse de celui-ci.  Elle est d'avis que tous trois ont donc un rôle à jouer  non seulement dans le règlement du conflit social qui les met en cause, mais aussi dans la prévention de nouveaux conflits du même genre.

 

Maisons de transition de Montréal inc. considère qu'une prévention efficace de la délinquance passe par un ensemble d'interventions fondées sur l'affirmation individuelle et collective de soi, l'ouverture au pluralisme, la démocratie, l'égalité des chances, la qualité de vie et le développement durable.  Elle est aussi d'avis que le système de justice chargé de traiter la délinquance doit contribuer au développement d'une société juste, solidaire, pacifique et sûre.  Pour elle, les interventions judiciaires se doivent d'être légales, modérées et équitables et ce, tant pour les personnes victimes que les personnes contrevenantes; dans la mesure du possible, ces interventions doivent faciliter une réconciliation entre les parties en cause.  Elle estime enfin qu'on doit veiller à apporter tout le soutien nécessaire aux personnes victimes et/ou témoins engagés dans une affaire criminelle.

 

Maisons de transition de Montréal inc. croit que l'intervention clinique auprès des personnes contrevenantes a pour but de contribuer à la prévention de la récidive et ce, en aidant ces personnes à s’accomplir pleinement.  Il s’agit ici de les motiver puis de les accompagner et les encadrer dans leurs différentes démarches visant à s’intégrer ou à se réintégrer dans la communauté et la société en tant que personnes dignes, libres et responsables, qui vivent en paix avec elles-mêmes et leur environnement.  Bref, l’intervention clinique cherche à solutionner, dans une perspective préventive et de façon pacifique, des conflits personnels et/ou socio-communautaires générés,  mais aussi révélés par la commission d’un acte de délinquance.

 

Maisons de transition de Montréal inc. estime enfin que le rôle des intervenants cliniques en est essentiellement un de médiateur entre la personne contrevenante et la collectivité.  D'une part, ils doivent s'assurer que la collectivité puisse reconnaître et appuyer les efforts de prise en charge déployés par la personne contrevenante, si tel est le cas.  D'autre part, ils doivent aider activement la personne contrevenante à devenir un citoyen digne, libre et responsable, tout en assurant le contrôle nécessaire à  la protection de son intégrité et de celle de la collectivité.  Pour Maisons de transition de Montréal inc., cela signifie alors que ces intervenants ont à mettre en valeur «l'actif social» potentiel que la personne contrevenante représente pour la collectivité et ce, tout en diminuant le «risque social » qu'elle peut présenter.  Cela implique pour eux de miser sur ses acquis et ses forces tout en l'aidant à combler de façon responsable ses besoins par le biais d'activités éducatives et/ou thérapeutiques.

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